Rendez-vous dédié à la création textile contemporaine, la Biennale textile a choisi le thème « Beauté(s) » pour cette édition 2026. En coproduction avec l’association HS_Projets, la Ville de Clermont-Ferrand, Clermont Auvergne Métropole avec le musée d’art Roger-Quilliot, la Biennale a noué un partenariat majeur avec le musée d’ethnographie de Genève, qui(…)
Rendez-vous dédié à la création textile contemporaine, la Biennale textile a choisi le thème « Beauté(s) » pour cette édition 2026. En coproduction avec l’association HS_Projets, la Ville de Clermont-Ferrand, Clermont Auvergne Métropole avec le musée d’art Roger-Quilliot, la Biennale a noué un partenariat majeur avec le musée d’ethnographie de Genève, qui accueillera à son tour la Biennale en 2027.
L’édition « Beauté(s) », propose une réflexion plurielle sur la notion de beauté, et proposera plus particulièrement au MARQ puis au MEG, sous une version différente, un dialogue entre sélection contemporaine, collection patrimoniale beaux-arts et intégration de collections extra-européennes textiles et ethnographiques.
Les partenaires proposeront également événements, workshops et masterclass, contribuant à ces multiples regards sur la beauté.
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Beauté(s) – Thème par Simon Njami
« La beauté, dans le monde entier, est un idéal. Depuis l’esthétique de la Vénus hottentote, jusqu’aux vers ciselés d’un haïku en passant par les femmes des îles Marquises, chaque civilisation a su développer ses propres canons de beauté. Mais l’histoire d’un monde centralisé (pendant longtemps et aujourd’hui encore l’histoire de l’art est essentiellement occidentale), ont rejeté toute forme de beauté extérieure dans les limbes de l’ethnographie. Ainsi le monde occidental sépara-t-il les beaux-arts des aspirations esthétiques ethniques. Notre monde a évolué et est bien plus vaste que celui qu’on nous présentait dans les siècles passés. Nous savons la beauté des monolithes de l’île de Pâques, des masques Nkissi ou Nô, des voix de têtes des moines tibétains, des polyphonies pygmées, des notes de blues de la Nouvelle-Orléans… La beauté n’est plus l’apanage d’une géographie ou d’une culture et nous sommes contraints, enfin, de regarder autour de nous avec d’autres yeux que ceux avec lesquels nous avons été élevés.
La beauté, c’est le contraire de la vision globalisante et d’un monde monolithique. Bien au contraire. Sa définition se confond avec celle que Césaire avait choisie pour décrire l’universalisme : « la somme de tous les particularismes ». Dans un monde qui, plus que jamais, exacerbe les nationalismes et le repli sur soi, il nous a semblé que la seule manière de bâtir ce tout-monde dont rêvait Edouard Glissant, est de conjuguer le mot beauté au pluriel de toutes les langues et de toutes sensibilités. Et le textile semble le dictionnaire le plus approprié pour proposer une beauté débarrassée de tout concept. Le textile ne se pense pas, il se tisse avec des fibres et des motifs venus du monde entier. Il nous introduit à cette beauté du monde dont nous disait Marguerite Yourcenar, l’empereur Hadrien voulait se faire le gardien.
L’édition 2026 de la Biennale textile de Clermont-Ferrand entend explorer cette beauté du monde, dans tous les coins où l’on ne pense pas la trouver. Elle entend ouvrir à d’autres sensibilités et d’autres esthétiques. Elle entend inviter les spectateurs à voir, selon les mots d’Arthur Rimbaud, ce que quelques fois l’homme a cru voir. »