Seul en scène, ou presque, un compositeur pense tout haut. La comédienne incarne Maurice Ravel, non pas en biographie illustrée, mais à travers une suite de scènes : souvenirs d’enfance au Pays basque, fascination pour l’artisanat de précision transmis par son père, amitiés musicales, salons, nuits avec les Apaches, éclats(…)
Seul en scène, ou presque, un compositeur pense tout haut. La comédienne incarne Maurice Ravel, non pas en biographie illustrée, mais à travers une suite de scènes : souvenirs d’enfance au Pays basque, fascination pour l’artisanat de précision transmis par son père, amitiés musicales, salons, nuits avec les Apaches, éclats de guerres et d’actualités qui traversent sa musique. Entre deux éclairs d’humour, il interroge ce qu’est être « artiste de son temps » : faut‑il suivre le siècle, lui résister, ou simplement tenter de rester honnête avec ce que l’on entend en soi ?
Autour d’elle, les musiciens deviennent tour à tour partenaires de jeu, fantômes du passé et figures du futur : le Chant de Linos d’André Jolivet fait surgir la crise de l’homme au sortir des catastrophes du XXᵉ siècle, où la ferveur rituelle se frotte à la déchéance de la quête du beau. L’Introduction et Allegro de Ravel, elle, rappelle la tension permanente entre tradition française, influences étrangères, exotismes rêvés et curiosité pour tous les langages du passé que le compositeur dissèque et s’approprie avec une précision d’orfèvre.
En miroir, une création de Thomas Briant vient clore le parcours : une pièce écrite dans le sillage de Ravel, nourrie de la même curiosité pour des harmonies nouvelles et pour des rythmes empruntés aux folklores, mais assumant pleinement l’identité artistique marquée d’un compositeur d’aujourd’hui.