Inspirée d’un fait divers réel, « L’Amante anglaise » nous place face à une énigme humaine : celle d’un geste inexplicable. À travers l’interrogatoire de Claire Lannes, Marguerite Duras met en lumière les zones d’ombre d’un drame ordinaire, la faille intime qui échappe à toute logique rationnelle.
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Inspirée d’un fait divers réel, « L’Amante anglaise » nous place face à une énigme humaine : celle d’un geste inexplicable. À travers l’interrogatoire de Claire Lannes, Marguerite Duras met en lumière les zones d’ombre d’un drame ordinaire, la faille intime qui échappe à toute logique rationnelle.
Si les affaires criminelles captivent tant le public, c’est parce qu’elles nous confrontent à ce que nous ne maîtrisons pas : la part obscure de l’être humain. Lorsqu’une affaire reste partiellement voilée, elle prolonge son emprise : chacun devient enquêteur, cherche une explication, comble les silences.
Dans cette pièce, le non-dit est plus fort que la parole. Claire parle, mais ses mots tournent autour du cœur du mystère sans jamais l’atteindre. La vérité se dissout dans le langage. Ce vide est précisément ce qui fascine, comme dans les affaires non élucidées qui marquent durablement la mémoire collective.
La mise en scène de Marie-Françoise Savary s’attache à rendre ce malaise suspendu, cette tension entre ce que l’on sait et ce que l’on pressent. Le plateau devient un lieu d’interrogatoire — ou plutôt un espace mental — où se rejoue sans cesse une tentative impossible : comprendre.
Il ne s’agit pas de résoudre l’énigme, mais de la faire résonner en chacun. Parce qu’au fond, ce que Duras nous dit, c’est que la vérité ne se livre pas : elle se devine, elle se tait.
Distribution : Marie-Françoise Savary, Pierre Février et Jean-Yves Lenoir.
Mise en scène et décor : Marie-Françoise Savary
Costumes : Denis Charlemagne
Régie : Mylène Vantal