L’exposition Les mues éternelles annonce une ère nouvelle pour le Frac Auvergne, installé dans un bâtiment historique sans cesse métamorphosé jusqu’à sa réouverture attendue depuis près de trente ans. Le dédale des espaces d’exposition, déployés sur deux étages, révèle un paysage aux formes multiples : hauteurs de plafond, transparences, perspectives et points de vue, traversées et recoins inattendus, traces encore visibles des anciennes vies trépidantes de la Halle aux Blés.
À l’image du lieu, Les mues éternelles célèbre la métamorphose comme principe salvateur : le vivant s’adapte et se réinvente à travers des transformations physiques, psychiques, sociétales ou environnementales. En écho aux neiges éternelles, le titre de l’exposition ouvre une voie de réflexion. Ces neiges sont en réalité en constante régénération, les glaces les plus anciennes sont poussées par la formation de nouvelles, ce qui a assuré depuis des millions d’années l’équilibre vital des glaciers. Celui-ci est aujourd’hui menacé par de profonds bouleversements liés au changement climatique. C’est là l’intensité et surtout l’ambiguïté de la métamorphose que l’exposition donne à voir : tantôt joyeuse et revigorante, tantôt sombre et inquiétante.
Chacun.e est ici invité.e à éprouver ce phénomène. Les conversations forgées par les artistes de différentes générations annoncent les mutations de la peinture en lien avec celles du paysage, de l’Histoire et de ses récits fragmentés. Au cœur de ces secousses, la peinture demeure, parfois dans ses formes classiques et souvent dans des versions plus étendues, via des œuvres photographiques, vidéos, sculpturales ou textiles. La peinture fait plus que jamais l’objet d’intenses réflexions artistiques : sa vitalité exceptionnelle se traduit par l’usage de matières, formes et narrations habilement réinvesties par des jeux de textures, de luminosités et d’échelles. Cette vigueur est aussi celle des collections de Frac qui s’enrichissent, chaque année depuis plus de quarante ans, par l’acquisition d’œuvres nouvelles. Une collection d’œuvres d’art est, à son tour, un organe vivant, en perpétuelle évolution et redéfinition. Les mues éternelles propose d’arpenter l’histoire de la collection du Frac Auvergne tout en annonçant ses nouvelles orientations.
L’exposition se révèle alors à l’image de la surface du monde. Hybride, mouvante, elle se mue en permanence au gré de métamorphoses profondes, nécessaires et vitales, parfois soudaines, subies et néfastes, nous appelant toutes et tous à une position d’humilité face à ce qui ne sera jamais éternel.
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Élise Girardot et Laure Forlay, co-commissaires de l’exposition, remercient les artistes Caroline Achaintre, Etel Adnan, Jimmy Beauquesne, Léa Belooussovitch, Abdelkader Benchamma, Clément Cogitore, Sylvain Couzinet-Jacques, Daniel Gustav Cramer, Mimosa Echard, Gloria Friedmann, Makiko Furuichi, Agnès Geoffray, Noémie Goudal, Simon Hantaï, Lukas Hoffmann, Nona Inescu, Aneta Kajzer, Kapwani Kiwanga, Tarek Lakhrissi, Natacha Lesueur, Didier Marcel, Maude Maris, Sara Masüger, Marie-Claire Messouma Manlanbien, Sirous Namazi, Josèfa Ntjam, Patrick Neu, Gloria Oyarzabal, Gerald Petit, Gerhard Richter, James Rielly, Armelle de Sainte Marie, Pierre Saxod, Zineb Sedira, Claire Tabouret, Patrick Tosani, Luc Tuymans, Sandra Vásquez de la Horra, Jeanne Vicerial.
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Les œuvres exposées sont issues de la collection du Frac Auvergne (comprenant les dépôts du Centre National des Arts Plastiques et de la ville de Saint-Priest) et de la collection de l’IAC Frac Rhône Alpes. L’exposition fait l’objet d’une carte blanche exceptionnelle réalisée in situ par l’artiste Makiko Furuichi.