Des murmures iraniens de Khayam aux Quatre plages de Betsy Jolas (qui fête ses 100 ans en 2026), l’esprit qui traverse cette musique est celui d’une ouverture esthétique ; si Khayam enrichit son discours musical par des douces harmonies traditionnelles, Jolas pense à des plages plus rugueuses, où les intervalles(…)
Des murmures iraniens de Khayam aux Quatre plages de Betsy Jolas (qui fête ses 100 ans en 2026), l’esprit qui traverse cette musique est celui d’une ouverture esthétique ; si Khayam enrichit son discours musical par des douces harmonies traditionnelles, Jolas pense à des plages plus rugueuses, où les intervalles se frottent comme les rochers et l’écume. Voix céleste de Christian Mason va encore plus loin dans le frottement pour obtenir des irisations transparentes. Plus de naturalisme, on passe aux idéalistes : c’est à l’abstraction pure que Machaut s’adresse lorsqu’il déclare Ma fin est mon commencement – mais la vraie fin du concert, c’est la musique du jeune Anton Webern, une pièce lente qui arrache à l’harmonie ses fruits plus mûrs et palpitants.
Le concert est par définition un moment d’ouverture, car on décide d’accorder notre attention à un organe qui n’a pas de paupière ; mais, dans ce cas précis, cela s’accompagne d’une démarche d’ouverture concernant le répertoire et les publics : les quatre concerts où l’orchestre proposera ce répertoire seront gratuits !
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Programme :
Golfam KHAYAM – Simorgh, murmuration [9′]
Betsy JOLAS – Quatre plages [7′]
Guillaume DE MACHAUT – Ma fin est mon commencement (arrangement) [7′]
Christian MASON – Voix céleste [16′]
Anton WEBERN – Langsammer satz [9′]
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Distribution :
Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes
Rémi Durupt | direction