Chostakovitch aussi a longuement souffert de la censure du régime communiste, qui s’opposait à un art trop affranchi des normes classiques, considéré comme inaccessible pour le peuple. Il est passé par des étapes de confrontation et de résignation, mais dans ce quatuor, il commence à se réfugier dans une sorte(…)
Chostakovitch aussi a longuement souffert de la censure du régime communiste, qui s’opposait à un art trop affranchi des normes classiques, considéré comme inaccessible pour le peuple. Il est passé par des étapes de confrontation et de résignation, mais dans ce quatuor, il commence à se réfugier dans une sorte d’austérité et de distance émotionnelle, qui lui ont permis d’éviter le style néo-classique sans devoir articuler une opposition trop ferme à la politique culturelle du régime.
Gilbert Amy est né en 1936 en France, il a donc eu la chance de ne jamais être confronté à la censure en tant que créateur ; mais on sait que la deuxième moitié du XXe siècle en Europe a eu d’autres formes, plus délicates mais tout aussi obstinées, d’imposer une vision sur la composition. Trouver la liberté individuelle au sein des différents courants esthétiques était un défi d’exigence et de musicalité que Gilbert Amy a brillamment relevé, comme le prouve ce quatuor à cordes écrit en 2009, l’une des pièces les plus récentes de son catalogue.
Programme :
Sofia GUBAIDULINA – quatuor n°2 [8′]
Gilbert AMY – quatuor n°3 [14′]
Dmitri CHOSTAKOVITCH – quatuor n°10 [22′]
Distribution :
Joshua Tavenier | violon
Josquin Desmaris-Moravec | violon
Samantha Garcia Pineda | alto
Damien Hugon | violoncelle