Cette petite place existe depuis le haut Moyen Âge. Elle sert alors de fossé à la première enceinte de la ville, bâtie au 4e siècle. Du 12e siècle jusqu’au milieu du 18e, elle accueille le marché aux blés. Située à proximité du palais épiscopal et du tribunal de l’évêque, elle(…)
Cette petite place existe depuis le haut Moyen Âge. Elle sert alors de fossé à la première enceinte de la ville, bâtie au 4e siècle. Du 12e siècle jusqu’au milieu du 18e, elle accueille le marché aux blés. Située à proximité du palais épiscopal et du tribunal de l’évêque, elle est également un lieu d’exécutions publiques. En 1575, dans sa vue de Clermont, Fuzier la représente pourvue d’une potence en son centre.
En 1761, le marché au blé est transféré et l’agrandissement de la place est envisagé. À partir de 1794, la démolition du palais épiscopal permet d’ouvrir une voie reliant la rue Saint-Genès à la cathédrale. L’espace ainsi dégagé prend le nom de place Royale. En 1918, une grande partie est renommée place de la Victoire, et la place Royale retrouve ses dimensions primitives.
En 1871, une fontaine créée par le sculpteur clermontois Granjean et fondue par la fonderie Durenne est installée. En 1901, l’architecte Louis Jarrier dessine la devanture de l’ancienne pharmacie du n° 1 place Royale : un subtil mariage de bois sculpté et de fer forgé encadrant une large surface vitrée. Les ornements, librement inspirés du 18e siècle — masques, feuilles et coquilles sculptées dans le chêne —, s’allient aux courbes et contre-courbes des ferronneries proches de l’Art nouveau.
La place Royale offre aujourd’hui l’une des plus belles perspectives de Clermont-Ferrand : l’ancienne chapelle des Cordeliers au premier plan, puis la place de Jaude, la rue Blatin jusqu’à Chamalières et, à l’horizon, la faille de Limagne et le puy de Dôme.