La tour d’Entrée de l’eau n’était pas la plus imposante, mais sans doute la plus stratégique de la cité médiévale. À l’origine, la butte de Montferrand était ceinturée par deux cours d’eau issus de la Tiretaine. Au 13e siècle, les Montferrandais avaient détourné le cours nord pour le forcer à(…)
La tour d’Entrée de l’eau n’était pas la plus imposante, mais sans doute la plus stratégique de la cité médiévale. À l’origine, la butte de Montferrand était ceinturée par deux cours d’eau issus de la Tiretaine. Au 13e siècle, les Montferrandais avaient détourné le cours nord pour le forcer à entrer dans la ville au point le plus haut, sous la tour d’Entrée de l’eau. Le ruisseau traversait les quartiers en pente, l’eau servant de force motrice pour faire tourner les roues des moulins et celles des meules. Au plus bas, près de l’actuel musée d’art Roger-Quilliot, se trouvait la tour de Sortie de l’eau.
Les deux quartiers du nord de la cité médiévale étaient ainsi dénommés : Moulins et Molles (meules). Ce dispositif ingénieux permettait, même en cas de siège, de continuer l’approvisionnement des habitants en farine et d’éviter ainsi la famine.
Le circuit de l’eau suivait la rue du Puy Martel ou Puits Martel, de l’occitan martelia : vanne d’eau, rappelant la dérivation de la Tiretaine en amont de l’actuelle usine de Cataroux.
Une partie du cours d’eau servait également aux bouchers et aux tanneurs présents dans les parties basses du quartier des Molles. Le ruisseau nauséabond issu de ces activités était évacué sous la tour du Saut de l’eau détruite.
Le square du Moulin et l’aménagement de fontaines contemporaines rappellent l’importance vitale du dispositif médiéval.