Dans l’Andalousie des années 1930, des jeunes femmes d’une même famille cherchent à fuir leur destin de vieilles filles sur fond de rivalités. D’un classique du théâtre espagnol, le metteur en scène Thibaud Croisy tire une merveille de théâtre contemporain dans une vision brillamment renouvelée.
Écrite à l’aube du(…)
Dans l’Andalousie des années 1930, des jeunes femmes d’une même famille cherchent à fuir leur destin de vieilles filles sur fond de rivalités. D’un classique du théâtre espagnol, le metteur en scène Thibaud Croisy tire une merveille de théâtre contemporain dans une vision brillamment renouvelée.
Écrite à l’aube du franquisme et de la Seconde Guerre mondiale, La Maison de Bernarda Alba est l’une des rares pièces du répertoire dont les personnages sont exclusivement féminins. Dans un village de la campagne andalouse, une famille vit repliée sur elle-même. La mère, Bernarda, mène la vie dure à ses cinq filles célibataires. Mais lorsque la plus laide s’apprête à faire un mariage d’argent avec le plus bel homme de la région, toute l’organisation de la maison se dérègle. Les masques tombent, les cœurs s’enflamment, la communauté se déchire et les discours se radicalisent dans une folle surenchère… Avec cette nouvelle création, Thibaud Croisy dissèque les effets du repli identitaire sur le langage et nous plonge dans l’ambiance explosive d’un clan tiraillé entre la peur de l’autre et une soif de liberté capable de déplacer les montagnes. Mais surtout, il réunit une distribution de haut vol pour incarner des femmes ambiguës et complexes, multiples et mouvantes, loin des simplifications binaires et de toute forme de manichéisme. Une relecture brillante et précise d’une pièce culte, d’une troublante actualité à l’heure où le monde se replie sur lui-même.