C’est cette conviction qui a incité Tiago Rodrigues à convier dix spectateur·rices à mémoriser ensemble un poème sur scène. Un geste simple duquel découle une multitude d’histoires, célébrant tant la littérature que la transmission.
Alors qu’elle perd peu à peu la vue, la grand-mère de Tiago Rodrigues demande à(…)
C’est cette conviction qui a incité Tiago Rodrigues à convier dix spectateur·rices à mémoriser ensemble un poème sur scène. Un geste simple duquel découle une multitude d’histoires, célébrant tant la littérature que la transmission.
Alors qu’elle perd peu à peu la vue, la grand-mère de Tiago Rodrigues demande à son petit-fils de lui choisir un texte qu’elle apprendrait par cœur. Quelques années plus tard, le metteur en scène fait de cette requête le point de départ de By Heart, forme d’hommage à son aïeule. Sur un plateau nu, dix chaises disposées en arc de cercle font face au public: chaque soir, dix volontaires sont invité·es à retenir un texte à plusieurs, brouillant les frontières entre théâtre et réalité. D’un poème tiré des Sonnets de Shakespeare, la conversation glisse vers des réflexions plus intimes, passe par l’œuvre du poète russe Ossip Mandelstam ou les écrits de George Steiner et déploie une réflexion sur la censure et la survivance des mots. Entré·es individuellement dans le dispositif, les participant·es forment bientôt un ensemble imbriqué, agissant solidement pour la conservation du texte. Un geste de résistance contre la disparition qui nous prouve que le collectif est encore la meilleure arme contre l’obscurantisme.