C’est une pièce chorégraphique qui a marqué l’histoire de la danse contemporaine française et fascine le monde entier depuis les années 1980. Pourtant, May B, aux antipodes de toute forme de triomphalisme, tend le miroir à une humanité en peine. Le regard hagard sous leurs grimages d’argile et leurs tenues(…)
C’est une pièce chorégraphique qui a marqué l’histoire de la danse contemporaine française et fascine le monde entier depuis les années 1980. Pourtant, May B, aux antipodes de toute forme de triomphalisme, tend le miroir à une humanité en peine. Le regard hagard sous leurs grimages d’argile et leurs tenues de nuit, les dix interprètes s’abîment en des errances conduisant tout droit vers la mort. Dans un silence troué de râles et de raclements, les corps fantomatiques ploient sous le poids d’une existence tragique et solitaire. Inspirée par l’univers de Samuel Beckett, la chorégraphe sculpte le mouvement au prisme de l’absurde. Merveilleusement sinistres, les gestes de cette danse macabre frappent par leur banalité et leur maladresse savamment orchestrées. Pétri d’un universalisme intemporel, le chef-d’œuvre de Maguy Marin ne cesse d’explorer les mystères de la sensibilité humaine.