Lorsqu’il écrivait Grand-peur et misère du IIIe Reich dans l’Allemagne des années 1930, Bertolt Brecht préfigurait avec lucidité les sombres heures du nazisme à venir. Lorsque Julie Duclos se saisit de ce même texte près d’un siècle plus tard, celui-ci frappe autant par sa profonde acuité que par sa tragique(…)
Lorsqu’il écrivait Grand-peur et misère du IIIe Reich dans l’Allemagne des années 1930, Bertolt Brecht préfigurait avec lucidité les sombres heures du nazisme à venir. Lorsque Julie Duclos se saisit de ce même texte près d’un siècle plus tard, celui-ci frappe autant par sa profonde acuité que par sa tragique actualité. À travers treize morceaux choisis parmi les vingt-quatre tableaux brechtiens, la metteuse en scène tire le portrait d’une société grevée par l’angoisse face à l’ascension d’un système répressif. D’un fragment de vie à l’autre, dans un décor clinique, elle illustre avec sensibilité les répercussions de la grande Histoire sur le quotidien des citoyen·nes ordinaires. Dans ce monde cruellement familier, arrestations et injustices deviennent des craintes omniprésentes. Entre terreur et désolation, paralysie et paranoïa, sa pièce tisse un réseau de correspondances historiques et de résonances contemporaines.